La pyramide d'Ounas 

À proximité du complexe funéraire de Djoser se trouve celui d'Ounas, dernier pharaon de la Vᵉ dynastie.
La pyramide d'Ounas, initialement haute d'une quarantaine de mètres, était une petite pyramide à faces lisses composée d'un noyau de blocs de pierre entouré d'un parement de calcaire. Ce revêtement extérieur ayant été perdu au fil du temps, la structure de la pyramide a beaucoup souffert, expliquant son aspect actuel. N’atteignant plus en effet que la moitié de sa hauteur d’origine, la pyramide a désormais l'allure tout à fait banale d'une petite colline de blocs et débris juxtaposés pêle-mêle.
Alors, qu'est-ce qui rend cette petite pyramide en ruines si particulière ?

À l'intérieur, son véritable trésor est intact : ses parois sont ornées de textes, gravés et disposés en colonnes verticales sur les murs de la chambre funéraire et de l'antichambre. Pour la première fois de l'histoire, une pyramide parle et devient un livre de pierre.
C’est cet extraordinaire ensemble de hiéroglyphes, regroupant quelque 230 formules faisant référence à Ounas, qui confère son caractère exceptionnel à sa pyramide.

Ci-dessus, la descenderie, aboutissant à l'antichambre (ci-dessous).

Les Textes des Pyramides sont un ensemble constitué de centaines de formules religieuses et magiques.
Gravés sur les parois des pyramides royales de l’Ancien Empire (à partir du règne d’Ounas, vers 2350 av. J.-C.), ils visent à guider et protéger le pharaon dans l'au-delà, assurer sa résurrection et garantir son union avec les dieux. Ils décrivent le voyage du roi vers le ciel, son ascension parmi les étoiles et sa régénération éternelle.
Ces textes sont les premiers écrits religieux funéraires connus. Leur influence se prolongera au Moyen Empire dans les Textes des Sarcophages et au Nouvel Empire dans le Livre des Morts.

« Ounas est l’esprit noble de la terre, Ounas, le vénérable parmi les hommes.
Ounas s’élève vers le ciel, il devient un esprit de lumière, il s’assoit auprès du roi des dieux. »
La chambre funéraire d’Ounas est à la fois modeste en taille, mais exceptionnelle par son décor, une grande partie des couleurs d'origine étant encore visible.
Ce qui frappe d'emblée, c'est l'imposant sarcophage en basalte noir placé au centre de la chambre. Le noir, couleur de la terre fertile du Nil et de la résurrection, est fortement associé à Osiris, le dieu des morts et de la renaissance. Il symbolise ici le retour à la vie du pharaon après la mort.

Les hiéroglyphes des Textes des Pyramides étaient souvent peints en bleu ou en vert, couleurs aux symbolismes puissants dans la culture égyptienne.
Le bleu est associé au ciel, à l'eau et à la divinité. Il symbolise la protection, la guérison et la fertilité, tout en évoquant l'infini et la création. Il renforce l’idée d’ascension du pharaon vers le royaume céleste.
Le vert, lui, couleur de la végétation et de la vie, représente la régénération et la renaissance du roi dans l’au-delà, en lien avec le dieu Osiris.
Le jaune, très présent, symbolise l’éternité, la permanence et la divinité. Il est associé à l'or, qui ne s'altère pas, représentant ainsi l'immortalité.
Ces couleurs soulignaient l'importance de la vie éternelle et du lien entre le pharaon et les forces divines.

La première formule sur laquelle devait se poser le regard du roi ressuscité s’adresse au pharaon en ces termes :
« Ô Ounas, tu n’es pas parti mort, tu es parti vivant », signalant ainsi le début de la vie dans l’au-delà.

Le plafond de la chambre funéraire, comme beaucoup de tombes royales, est décoré d'un ciel étoilé.
Pour les Égyptiens, le pharaon, après sa mort, rejoint les étoiles et le dieu Rê dans le ciel, devenant une étoile à part entière. En décorant le plafond de la chambre funéraire de cette manière, ils exprimaient leur conviction que le pharaon serait éternel.

« Ounas est Osiris. Ounas est le sacré sur la terre. Il repose sur les autels des dieux. Il devient un esprit dans la transformation des dieux.
Il renaît dans la paix divine. »