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J1 - Saqqarah

 

Saqqarah

Située sur la rive gauche du Nil à environ trente kilomètres au sud du Caire, près de l'ancienne capitale Memphis, Saqqarah est l'une des nécropoles les plus anciennes et les plus importantes d'Égypte. S'étendant sur près de 8 kilomètres, ce site, moins spectaculaire que le plateau de Gizeh, est pourtant beaucoup plus riche. Immense cimetière où nobles et souverains de l'Ancien Empire trouvaient leur ultime demeure, on y trouve toutes sortes de monuments funéraires, tels de nombreuses pyramides, mastabas et tombeaux civils. Il conservera sa fonction pendant plus de trois millénaires.

Mais Saqqarah est surtout connue pour abriter la pyramide à degrés de Djoser, première pyramide en pierre d'Égypte.

Entrée

L'entrée du complexe funéraire de Djoser se fait par un couloir long de 54 mètres, encadré d'une vingtaine de colonnes cannelées, menant à la cour Sud. Représentant des tiges de roseaux, elles mesurent 6,60 mètres de haut.

 

 

Entrée 02

Une chambre avec quatre colonnes doubles s'ouvre sur la cour Sud.

 

       La pyramide de Djoser       

 

Djoser

Ce vaste complexe funéraire de 15 hectares environ était entouré d'une enceinte rectangulaire de 555 m sur 278 et mesurant 10 m de hauteur. En son centre, la pyramide de Djoser fut construite vers - 2670 pour le pharaon Djoser, souverain de la troisième dynastie, par son architecte Imhotep. Cette pyramide à degrés d'une hauteur de 60 m pour une base de 121 m de long sur 109 m de largeur est composée de six gradins successifs semblant évoquer un escalier vers le ciel pour l'âme du pharaon.

Chef-d'œuvre d'innovation architecturale, elle marque un tournant majeur dans l'architecture funéraire et le début de l'âge des pyramides en Égypte. Djoser est le premier des pharaons bâtisseurs…

   

      

Sur la face nord se trouve une petite chapelle, le serdab, pourvue de deux trous cylindriques par lesquels on peut voir une statue du ka de Djoser. L'original est conservé au musée du Caire.

 

Situées près de la pyramide, sur la partie est du complexe, des chapelles servaient principalement à accomplir des rituels funéraires et des cultes dédiés au pharaon, garantissant sa protection et sa régénération éternelle dans l'au-delà.

      

 

 

       La pyramide d'Ounas       

 

Ounas

À proximité du complexe funéraire de Djoser se trouve celui d'Ounas, dernier pharaon de la Vᵉ dynastie.

La pyramide d'Ounas, initialement haute d'une quarantaine de mètres, était une petite pyramide à faces lisses composée d'un noyau de blocs de pierre entouré d'un parement de calcaire. Ce revêtement extérieur ayant été perdu au fil du temps, la structure de la pyramide a beaucoup souffert, expliquant son aspect actuel. N’atteignant plus en effet que la moitié de sa hauteur d’origine, la pyramide a désormais l'allure tout à fait banale d'une petite colline de blocs et débris juxtaposés pêle-mêle.

Alors, qu'est-ce qui rend cette petite pyramide en ruines si particulière ?

Hiéroglyphes Ounas

À l'intérieur, son véritable trésor est intact : ses parois sont ornées de textes, gravés et disposés en colonnes verticales sur les murs de la chambre funéraire et de l'antichambre. Pour la première fois de l'histoire, une pyramide parle et devient un livre de pierre.

C’est cet extraordinaire ensemble de hiéroglyphes, regroupant quelque 230 formules faisant référence à Ounas, qui confère son caractère exceptionnel à sa pyramide.

Ci-dessus, la descenderie, aboutissant à l'antichambre (ci-dessous).

 

Les Textes des Pyramides sont un ensemble constitué de centaines de formules religieuses et magiques.

Gravés sur les parois des pyramides royales de l’Ancien Empire (à partir du règne d’Ounas, vers 2350 av. J.-C.), ils visent à guider et protéger le pharaon dans l'au-delà, assurer sa résurrection et garantir son union avec les dieux. Ils décrivent le voyage du roi vers le ciel, son ascension parmi les étoiles et sa régénération éternelle.

Ces textes sont les premiers écrits religieux funéraires connus. Leur influence se prolongera au Moyen Empire dans les Textes des Sarcophages et au Nouvel Empire dans le Livre des Morts.

« Ounas est l’esprit noble de la terre, Ounas, le vénérable parmi les hommes.

Ounas s’élève vers le ciel, il devient un esprit de lumière, il s’assoit auprès du roi des dieux. »

 

La chambre funéraire d’Ounas est à la fois modeste en taille, mais exceptionnelle par son décor, une grande partie des couleurs d'origine étant encore visible.

Ce qui frappe d'emblée, c'est l'imposant sarcophage en basalte noir placé au centre de la chambre. Le noir, couleur de la terre fertile du Nil et de la résurrection, est fortement associé à Osiris, le dieu des morts et de la renaissance. Il symbolise ici le retour à la vie du pharaon après la mort.

Chambre funéraire

Les hiéroglyphes des Textes des Pyramides étaient souvent peints en bleu ou en vert, couleurs aux symbolismes puissants dans la culture égyptienne.

Le bleu est associé au ciel, à l'eau et à la divinité. Il symbolise la protection, la guérison et la fertilité, tout en évoquant l'infini et la création. Il renforce l’idée d’ascension du pharaon vers le royaume céleste.

Le vert, lui, couleur de la végétation et de la vie, représente la régénération et la renaissance du roi dans l’au-delà, en lien avec le dieu Osiris.

Le jaune, très présent, symbolise l’éternité, la permanence et la divinité. Il est associé à l'or, qui ne s'altère pas, représentant ainsi l'immortalité.

Ces couleurs soulignaient l'importance de la vie éternelle et du lien entre le pharaon et les forces divines.

 

La première formule sur laquelle devait se poser le regard du roi ressuscité s’adresse au pharaon en ces termes :

« Ô Ounas, tu n’es pas parti mort, tu es parti vivant », signalant ainsi le début de la vie dans l’au-delà.

Le plafond de la chambre funéraire, comme beaucoup de tombes royales, est décoré d'un ciel étoilé.

Pour les Égyptiens, le pharaon, après sa mort, rejoint les étoiles et le dieu Rê dans le ciel, devenant une étoile à part entière. En décorant le plafond de la chambre funéraire de cette manière, ils exprimaient leur conviction que le pharaon serait éternel.

« Ounas est Osiris. Ounas est le sacré sur la terre. Il repose sur les autels des dieux. Il devient un esprit dans la transformation des dieux.

Il renaît dans la paix divine. »

 

       La pyramide de Téti       

 

Ce qui ressemble davantage à une colline de gravats est pourtant ce qu'il reste de la pyramide de Téti, située à proximité de celles de Djoser et d’Ounas. Téti fut le premier pharaon de la VIᵉ dynastie (vers 2320 av. J.-C.) et successeur direct d'Ounas.

Pyramide de Téti

L'intérieur, moins bien conservé que dans la pyramide d'Ounas, reste exceptionnel. Il s'agit en effet de la deuxième pyramide de l'Histoire à contenir les Textes des Pyramides, inscrits sur les murs de l'antichambre et de la chambre funéraire.

Dans le couloir horizontal menant à l'antichambre (ci-dessus), on peut voir les restes des 3 herses de granit barrant le passage vers le centre de la pyramide.

 

 

« Ô Téti, lève-toi ! Tu es ressuscité, tu n’es pas mort. Vis pour toujours, toi qui ne peux mourir. »

« Téti est Osiris, Téti ne mourra jamais.

Téti vit éternellement comme souverain dans le royaume des morts. »

 

« Téti monte dans la barque de Rê, Les dieux étendent leurs mains pour le hisser parmi eux.

Téti vogue avec le Soleil éternellement. »

« Aucun serpent ne s’approchera de Téti.

Aucune eau mauvaise ne touchera son sarcophage.

Son corps est intact, son âme est libre. »

La chambre funéraire de Téti.

 

 

Pour la première fois dans l'histoire, le sarcophage contient des inscriptions : des formules ont pour but d'assurer la protection du corps de Téti et son union avec Osiris afin que sa renaissance soit possible.

​« Osiris-Téti repose dans le domaine du dieu.

Le corps d’Osiris-Téti n’est ni altéré, ni repoussé.

Tous les dieux apaisent son corps pour lui.

Paix à Osiris-Téti. »

« Téti est l’esprit noble de la terre, Téti, le vénérable de la terre.

Téti s’élève vers le ciel, les dieux l’entendent.

Téti devient un esprit de lumière, il s’assoit auprès du roi des dieux. »

 

 

Le mastaba de Kagemni

  

Entrée mastaba

Kagemni fut le Vizir du pharaon Téti. Second personnage de l'État, il se fit construire à proximité de la pyramide de Téti un vaste mastaba, bénéficiant pour la décoration de son tombeau des meilleurs artistes royaux.

À ce titre, il officiait en tant que "Chef des scribes du roi", "Chef des juges" et "Surintendant des prêtres", concentrant donc les fonctions administrative, judiciaire et religieuse.

Mais Kagemni exerçait également la fonction de prêtre sem, l’un des personnages les plus importants de toute la religion funéraire égyptienne : il avait en charge les rites de purification mais surtout la cérémonie d’ouverture de la bouche, permettant au défunt de vivre dans l'au-delà.

Kagemni est ici représenté dans la position typique des hauts dignitaires de l'Ancien Empire, tenant dans se mains les insignes du pouvoir. Dans sa main gauche, avancée, un long bâton de commandement, symbole d’autorité. Dans sa main droite, en arrière, un sceptre court, le sekhem, symbolisant le pouvoir et la puissance.

En plus du pagne schenti, il porte sur ce relief une peau de léopard, vêtement rituel du prêtre sem.

Il se montre ainsi en détenteur à la fois de l’autorité administrative (vizir) et de l’autorité rituelle (sem).

      

La plus vaste salle du mastaba de Kagemni est dédiée au cycle de production des offrandes nécessaires à sa vie éternelle.​

On y trouve différentes scènes :

• processions d’offrandes : serviteurs apportant viandes, pain, bière, fruits, parfums,

• boucherie : abattage, préparation des pièces de viande,

• boulangerie et brasserie : fabrication du pain et de la bière,

• musiciens et danseuses : scènes de divertissement pour accompagner le défunt dans l’au-delà.

• meulage du grain

• agriculture, élevage,

• pêche...

      

Les scènes ainsi représentées ne sont pas décoratives : elles produisent magiquement ce qu’elles montrent, permettant de renouveler pour l'éternité la production de la nourriture dont Kagemni aura besoin dans l'au-delà.

 

Salle des offrandes

La salle des offrandes est la zone rituelle centrale où les prêtres et les proches venaient déposer les vivres.

On y trouve sur le mur ouest une fausse porte, seuil symbolique entre le monde des vivants et le monde des morts. Véritable cœur magique du mastaba, c’est par cette interface que l’âme (ka) de Kagemni peut recevoir ses offrandes.

Kagemni est représenté, au centre de la fausse porte, assis à la table offrandes. C'est vers elle que convergent tous les porteurs représentés sur les murs.

      

 

 

Suite du voyage   

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